En aparté avec Fane Desrues

par | 24 Juin 2026

Il y a des rencontres qui comptent. Et celle réalisée avec Fane Desrues en fait partie. Cette artiste rare, à la fois chanteuse et interprète, à la sensibilité à fleur de peau nous délivre toujours un théâtre inspirant et sincère, voire intimiste. Il est des parcours de vie qui ressemblent parfois à des traversées. Un voyage d’où jaillit in fine la lumière. Cette artiste vous touchera comme elle a su nous toucher. Si l’on pouvait dessiner la carte de l’intime, elle aurait ses contours. Découvrez cet entretien à bout portant de Fane Desrues ! Vous la retrouverez au Festival d’Avignon au théâtre des Lila’s à 10h40 dans son spectacle Traversée mis en scène par Julien Cottereau.

La naissance du projet ?

Fane Desrues : Ce projet est né d’un imprévu. À la base, je préparais une création intitulée Amour.s Révolution avec Laetitia, pianiste et chanteuse. Nous devions bénéficier de trois semaines de résidence pour travailler ensemble. Mais deux semaines avant le début de cette résidence, elle a obtenu un tournage et a dû annuler. À ce moment-là, je me suis dit que j’avais deux possibilités : être en colère, rester dans le reproche et la frustration  ou  accepter la situation et en faire quelque chose.

J’ai choisi la seconde option.

Je n’avais jamais écrit pour le spectacle vivant. J’avais écrit des chansons, mais jamais un texte de théâtre. Toute ma scolarité a été compliquée. On m’a souvent répété que j’étais « bête », que je n’y arriverais pas, que je n’aurais jamais mon bac. J’ai grandi avec une profonde mésestime de moi-même et de mes capacités créatrices.

Alors, quand Laetitia m’a annoncé son absence, quelque chose s’est ouvert. Je me suis dit : « Tu vas écrire. ». C’était presque une évidence.

La créativité comme puissance intérieure

Quelle est la portée de ce spectacle ?

Pour moi, ce spectacle a été créé pour rencontrer les gens.

Quand quelqu’un vient me voir après une représentation et me dit qu’il a été touché, ému, bouleversé, alors quelque chose de précieux se passe.

Je crois que se confier est un cadeau.

Nous avons tellement peur du jugement.

À un moment, je me suis simplement dit :

« C’est OK d’être jugée. »

Je ne veux plus juger les autres. Et moins je juge les autres, moins je me juge moi-même.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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