Théâtre : « Les travailleurs de la mer » de Victor Hugo
Le théâtre de Poche-Montparnasse nous offre actuellement l’adaptation d’Elya Birman et Clémentine Niewdanski des Travailleurs de la mer de Victor Hugo. C’est dans un seul en scène tenant lieu de performance que Elya Birman a ressuscité avec brio la vie des iliens marins de Guernesey.Â
Gilliatt, huit lettres tracées dans la neige par Deruchette, une jeune femme belle et énigmatique qui rendait compte de la marginalité de ce marin interrogeant la petite communauté de Guernesey. Ce personnage, aussi discret qu’incompris, se faisait rare, évitant tout contact avec la gente féminine. Secrètement amoureux de Deruchette, il vivait son isolement comme une nécessité et une normalité. Un jour, un navire qui entretenait les liaisons avec le continent, fit naufrage. Il fallait récupérer la machinerie à bord qui était demeurée intacte. Aucun marin ne parvenait à se décider devant les dangers et l’ampleur du travail. Deruchette proposa alors sa main à quiconque tenterait sa chance pour ramener la machinerie du navire échoué. Gilliatt accepta de suite. Habitué à l’isolement, il dût se battre contre les éléments naturels en risquant sa vie plus d’une fois. Mais à l’impossible, Gilliatt était tenu et son succès fut retentissant. Mais la victoire qu’il remporta eut le goût de l’amertume. Une aigreur qui réduisit un bonheur espéré en cendres.
Dans une scénographie simple où l’imagination vogue des flots aux rivages de Guernesey, le spectateur voit se dérouler cette fable amère qui met en rapport le rejet de la marginalité, l’isolement et l’âpreté de la nature sauvage. Surfant sur l’esthétique romantique du début du siècle, Victor Hugo dessine un magnifique portrait réaliste d’une nature effrayante et exacerbée où les monstres côtoient des personnages marginaux. Une adaptation réussie et une interprétation pleine de richesses.
« Je dédie ce livre au rocher d’hospitalité et de liberté, à ce coin de vieille terre normande où vit le noble petit peuple de la mer, à l’île de Guernesey, sévère et douce, mon asile actuel, mon tombeau probable. » Victor Hugo.
Laurent Schteiner
« LES TRAVAILLEURS DE LA MER » de Victor Hugo
Adaptation de Clémentine Niewdanski et Elya Birman
Mise en scène de Clémentine Niewdanski
avec Elya Birman
- Voix : Clémentine Niewdanski et Antony Roullier
- Création sonore : Thibault Champagne
- Lumières : Florent Penide
- Décor : Estelle Gautier
- Crédit photo : Filip Flatau
Théâtre de Poche Montârnasse
75 bd du Montparnasse
75006 Paris
Renseignements et réservations au 01 45 44 50 21
www.theatredepoche-montparnasse.com
DU 15 JANVIER AU 29 MARS du mardi au samedi à 19h, le dimanche à 15h