Théâtre : « Freud, dernier combat » de Aude de Tocqueville et Jean-Marie de Sinety

par | 20 Avr 2026

En avant-première au Théâtre de la Reine Blanche, nous avons eu le plaisir de découvrir la création de  Aude de Tocqueville et Jean-Marie de Sinety, Freud, dernier combat. Ce huis clos synthétise, au crépuscule de la vie de Sigmund Freud, l’essentiel de son Å“uvre dans une introspection conduite de concert avec sa fille, Anna. Au-delà de la théorie, ils entament une analyse en profondeur qui prend la forme d’un face à face didactique sans compromission.

Vienne 1934. Freud se sait malade. Il entrevoit les heures sombres qui se profilent à l’horizon et qui n’épargneront pas l’Europe. Entretenant une conversation tendue avec sa fille Anna sur son père et grand-père Jakob, Freud interroge sa théorie qui l’a rendu célèbre, le complexe d’Oedipe. Ce complexe fondée sur une abominable méprise qui a poussé le jeune Oedipe à tuer son père biologique, Laïos et épousé sa mère qu’ils ne connaissaient pas. Anna identifie un lien entre son grand-père controversé et ce concept. Ce  dernier s’avère-t-il empirique ? Les réminiscences se font jour et les face à face avec sa fille deviennent davantage introspectifs où Anna pousse son père dans ses derniers retranchements. C’est alors qu’Anna sort sa carte maitresse dont la révélation va déstabiliser le père de la psychanalyse. On comprend les terribles conséquences d’un complexe d’Oedipe, mais on envisage rarement ses causes. Et dans cette histoire, Laïos prend une part de responsabilité importante dans cet enchainement de circonstances. Si Sigi est devenu Freud, quelle est cette cause qui le poussa à devenir ce professeur émérite ? A sa façon, il a voulu « tué » ou écarté Jakob, ce père par trop encombrant… 

Ce spectacle présenté de façon bi-frontal permet au public d’assister en pur témoin à l’intimité de ces deux personnages. Ce spectacle repose sur un jeu épatant de comédiens avec une mention spéciale pour Hervé Dubourjal qui se glisse avec brio dans la peau de Freud. Il est habité par son personnage accusant une magnifique sincérité et véracité.
Un bel objet théâtral à découvrir !

Laurent Schteiner

 
 

 « Freud, dernier combat » de Aude de Tocqueville et Jean-Marie de Sinety

Mise en scène de Hervé Dubourjal
Avec : Hervé Dubourjal et Moana Ferré
Crédit Photo : Pascal-Gely

Théâtre de la Reine Blanche
2 bis passage Ruelle
Paris 18e

Les jeudis et vendredis à 21h
les samedis à 20h, les dimanches à 18h
Représentation supplémentaire : vendredi 17 avril à 14h30, relâche le jeudi 16 avril 

 

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