Théâtre : « L’école des femmes » de Molière

par | 7 Mar 2026

Le Théâtre Artistic Athévains nous propose une adaptation très originale de L’école des femmes de Molière, sous la houlette de Frédérique Lazarini. En respectant à la lettre le texte de Molière, Frédérique Lazarini nous offre un spectacle baignant dans l’environnement de notre société moderne. Cet agencement original s’insère avec bonheur dans ce chef d’oeuvre éternel. Cette nouvelle lecture de l’œuvre s’avère alerte et visuelle donnant lieu à un propos nerveux et séduisant.

Arnolphe, bourgeois dans la maturité, parfait depuis des années l’éducation d’Agnès dans la plus grande ignorance de la vie. Résolu à se marier avec elle, il change de nom afin de s’appeler M. de la Souche. Le moment est venu pour Arnolphe de concrétiser son projet et de prendre Agnès pour femme, la libérant de son enfermement. Malgré les remontrances de Chrysalde, son ami, qui désapprouve la façon dont la jeune fille a été élevée. Arnolphe rencontre ensuite Horace, fils d’Oronte (un autre de ses amis), qui est tombé amoureux d’Agnès au premier regard, ce qu’il confie sous le sceau du secret à Arnolphe dont il ignore à la fois le rôle de tuteur et le changement de nom. Horace explique qu’il a pu courtiser la jeune fille et raille ce « M. De La Zousse ou Source » dit-il qui la retient prisonnière. La chrysalide d’Agnès désormais craquelle. Devant un destin qui lui semble défavorable, Arnolphe ne s’en tient pas pour battu…

La lecture de Frédérique Lazarini s’appréhende au-delà des personnages traditionnellement définis. Si l’ingénuité d’Agnès et la naïveté de Horace sont patentes, la personnalité d’Arnolphe est minutieusement élaborée à la lumière de notre société moderne. L’intérieur d’Arnolphe laisse entrevoir un système complexe de caméras disposées dans la chambre d’Agnès afin de mieux suivre ses mouvements. Sa personnalité maniaque de contrôle éclate au grand jour faisant de ce personnage névrosé un délinquant de bas étage. Un examen en profondeur permet de raccorder cette personnalité à notre monde, et par extension à notre univers criminel moderne (par exemple la triste affaire Natascha Kampusch). Les distorsions se poursuivent avec la complicité des deux serviteurs d’Arnolphe, Alain et Georgette, qui se nourrissent de séries américaines sur l’écran de télévision lorsque leur maître est absent. Outre le comique intrinsèque de cette oeuvre, la discordance opérée par Frédérique Lazarini offre une ouverture intéressante et hilarante. Saluons l’interprétation des comédiens qui enlèvent ce spectacle avec brio dans cette adaptation très réussie.

Laurent Schteiner

 

« L’école des femmes » de Molière

Mise en scène de    Frédérique Lazarini

avec Cédric Colas, Sara Montpetit, Hugo Givort, Alain Cerrer, Emmanuelle Galabru et Guillaume Veyre

  • Scénographie François Cabanat
  • lumières François Cabanat
  • assisté de Tom Peyrony et Grégory Lechat
  • musique et son François Peyrony
  • vidéo Hugo Givort 
  • costumes Dominique Bourde et Isabelle Pasquier
  • Crédit photo :   

Théâtre Artistic Athévains
45 rue Richard Lenoir
75011 Paris
Renseignements et réservations au 01 43 56 38 32
artistictheatre.com

mardi 20h
mercredi 17h (20h le 11 mars 2026)
jeudi 19h 
vendredi 20h30 
samedi 17h et 20h30 
dimanche 15h 

Relâches les lundis
Relâches exceptionnelles les 10 mars, 10 et 17 avril et 1er mai 2026. 

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